Histoire de l'Île de Mayotte
Du Sultanat à la Collectivité Territoriale de la République française
Origines disparates . L'Île de Mayotte fut d'abord, peuplée entre le Vème et le VIIIème, par l'origine Bantoue. Ce sont, en effet, des ethnies vivant dans les régions équatoriales et méridionales de l'Afrique. L'éthnie Bantoue fut donc le premier peuplement de l'Île de Mayotte.
Située sur le Canal de Mozambique, donc sur la fameuse Route des Indes, Mayotte se trouva au coeur du développement du commerce qui s'y émergea. Ainsi, l'Île entretenaît avec les Îles voisines bordant le Canal (Madagascar, les pays de l'Afrique de l'Ouest) des échanges commerciaux importants.
Invasions arabes et régime Sultanat. Au VIIIème siècle, l'Île de Mayotte a connu des invasions arabes successives dans le but d'instaurer la religion musulmane et la culture swahilie (langue bantoue parlée dans une grande partie de l'Afrique orientale et centrale). C'est le prélude du Sultanat (confession musulmane). Le Sultan correspond au titre donné aux souverains de pays musulmans. Cette même période a vu apparaître des Sultanats rivaux dans l'archiper des Comores.
Avènement des Européens. La position géo-stratégique de l'Île de Mayotte fut un atout majeur dans son histoire culturelle, politique et économique. Cette avantage est caractérisée par le rôle moteur exercé par cette île au Lagon en sa qualité incontournable de point de ravitaillement sur la célèbre Route des Indes.
Vers le XVème siècle, de nombreux amoureux de la mer, notamment les Portugais et les Français, y ont amarré leurs navires.
Mayotte, théâtre de razzias. Le début du XIXème fut marqué par des troubles et des heurts violents: razzias d'esclaves par les Malgaches, pillages et guerres de succession de Sultanat. Par conséquant, la population de l'Île au parfum est réduite à 3 000 personnes.
La cession de l'Île de Mayotte à la France. Le 25 avril 1841. C'est la date fatidique en ce sens elle a marqué le destin de Mayotte. Une nouvelle histoire naquît. Une stabilité retrouvée et surtout une sécurité (le moins qu'on puisse dire) vis-àvis des Îles voisines.
Pour protéger l'Île de Mayotte des attaques endémiques fomentées par ses voisins en particulier les Comores, le Sultan Andriantsouli, d’origine malgache, a décidé de céder l’Île de Mayotte à la France, représentée par le Commandant Passot. Mayotte devient alors colonie française.
L’esclavage y est aboli dès 1846. De 1886 à 1892, soit près d’un demi-siècle plus tard, la France établit son Protectorat sur les trois autres Îles des Comores, l’Archipel étant alors placé sous l’autorité du Gouverneur de Mayotte.
Par la loi du 25 juillet 1912, la colonie de “ Mayotte et Dépendances ” est rattachée à la Colonie française de Madagascar.
Statut de Territoire d'Outre-mer pour l'Archipe des Comores. En 1946, l'Archipel des Comores obtient le Statut de Territoire d'Outre-mer ayant pour chef-lieu Dzaoudzi. Mais ce nouveau statut a provoqué l'ire des Grands Comoriens qui revendiquent le transfert du Chef-lieu à Moroni (Grande Comore). Cette colère est manifestée par des brimades, des humiliations, mais aussi des restrictions de crédits.
Mayotte dans la République francçaise. Les habitants de l'Archipel des Comores furent consultés sur leur indépendance (vis-à-vis de l'Etat français). Le décompte des suffrages île par île fait apparaître que Mayotte souhaite rester dans le giron de la République française à 63.8 % des voix.
Février 1976, un nouveau référendum est organisé à Mayotte sur la question de son rattachement à la République française. Avec un score soviétique (99,4%), la population Mahoraise a plébiscité le maintien de l'Île au Lagon au sein de la République.
La loi du 24 décembre 1976 dotée par le Parlement attribue à l'Île de Mayotte un statut provisoire de Collectivité Territoriale de la République. L’ancrage de Mayotte dans la République française réaffirmé par la loi du 22 décembre 1979 qui stipule que “ l’Île de Mayotte fait partie de la République française et ne peut cesser d’y appartenir sans le consentement de sa population” n’aboutit cependant à aucune proposition concrète sur l’avenir statutaire de l’Île.
La Rédaction de Tribune de Mayotte